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Xynthia

 

Quelle est donc la hauteur des digues qui m'entourent ?

 

Observations à la pleine mer d'une grande marée

Mercredi 8 septembre 2010, le coefficient de la marée du soir était de 109. C'était donc une belle occasion pour comparer la hauteur de la mer et la hauteur des digues.

La "digue d'en bas" (le 1 sur la carte), au bout de Puyravault était à la hauteur de mes yeux alors que j'avais les pieds au ras de l'eau, soit 1,8 m de marge. Et des travaux sont en cours.

Au port de l'Epine (2), c'est déjà beaucoup moins bien, moins d'un mètre au niveau de l'écluse.

Aux portes du canal de Vienne (3), le débordement sur la route dépendait de quelques cm de terre. L'eau s'infiltrait dans la maçonnerie et cascadait vers le canal.

Même constat aux portes du canal du Clain dites des grands Greniers (4).


Au 1er plan, "la mer", au 2e plan, la route

L'amont est à gauche, beaucoup plus bas (ce qui peut surprendre)

Toujours les portes du canal de Vienne

On voit le niveau de l'eau qui est arrêté par l'écluse après son passage sous le pont.

Il ne s'en faut que de quelques cm pour que ça déborde vers l'amont

Transposition à Xynthia

Lors de Xynthia, le marégraphe de la Rochelle a enregistré 8 m, soit 1,3 m de plus qu'en ce mercredi 8 septembre 2010.

J'en déduis donc que la "digue d'en bas" dépassait encore de 50 cm (1,8 m - 1,3 m) et donc que les vagues de Xynthia passaient par dessus.

Au port de l'Epine 50 cm d'eau recouvrait la route sur laquelle se sont échoués presque tous les bateaux du port.

Les écluses de Vienne et du Clain étaient recouvertes par plus d'un mètre d'eau !!!

Bon, je suppose qu'en fait le cours de la Sèvre Niortaise a fait frein et que son niveau à cet endroit était plus bas que le niveau atteint par la mer. Je dirais donc que le haut de ces écluses était à plus d'un mètre en dessous du niveau de la mer mais que ce mètre était réparti plus ou moins régulièrement sur 5 km de cours.

Autrement dit nous fumes sauvé par le fait que l'eau s’engouffrait ailleurs mais que nous ne le serions plus si la prochaine fois les défenses étaient efficaces partout ailleurs. (Pourvu que ça cède chez le voisin !)

Ces deux niveaux zéro différents compliquent le calcul et l'information est difficile à trouver. Les habitants ont accès aux annuaires de marées, ils peuvent connaitre la hauteur de leur terrain, mais ils auront du mal à faire le lien entre ces deux informations.

Calcul des altitudes terrestres des digues actuelles

Dans les annuaires des marées, les hauteurs indiquées correspondent à la hauteur d'eau au dessus des plus basses marées connues.

Sur les cartes terrestres, les hauteurs des terrains et des digues sont calculées par rapport à une autre référence, la hauteur à mi-marée (qui est à peu près constante quel que soit le coefficient de marée).

Dans notre région il y a un écart de 3.5 m entre la hauteur zéro des marées (et des cartes marines) et la hauteur zéro des cartes terrestres.

La "digue d'en bas" aurait donc une altitude terrestre de 6,7 m (la hauteur de la marée) plus 1,8 m (la hauteur que j'ai observée) moins 3,5 m (la différence des références marins/terriens) soit 5 mètres.

La digue du port de l'Epine serait à 4 mètres.

Les portes sur les canaux seraient à 3,3 mètres.

Quel est le niveau nécessaire pour les digues ?

Pour que le périmètre qui nous entoure soit cohérent, il faut évidemment qu'il ne déborde en aucun point. Il devrait donc être à la même hauteur partout où il est simplement menacé par la hauteur de l'eau et un peu plus haut là où il risque d'être soumis à l'action des vagues.

Le PPRI de l'Aiguillon se base sur un niveau de référence basé sur Xynthia plus 1m en prévision d'une possible élévation du niveau des mers. Ce niveau est donc fixé à 5,7 m.

On pourrait donc raisonnablement espérer que les digues tiennent également compte de ce niveau et soient portées immédiatement à au moins 5 m + 1 m pour les vagues et rehaussées régulièrement en fonction de l'élévation des mers.

La "digue d'en bas" devrait donc passer de 5 à 6 ou 7 m. Est-ce l'objectif des travaux en cours ?

Et la digue du port de l'épine devrait être remontée de 4 à 5 ou 6 m,

Si les portes de Vienne du Clain, des Cinq abbés, devaient être remontées, il faudrait quasiment les détruire pour les refaire. De plus elles sont assez loin a l'intérieur des terres et les canaux à leur aval sont donc entourées de longues digues qu'il faudrait aussi rehausser. Il me semblerait donc plus raisonnable de les laisser telles quelles et de construire une nouvelle porte commune à ces trois canaux, plus au sud, près de la Sèvre Niortaise. Son sommet devrait être au moins à 6 mètres puisque si on peut rehausser des digues au fur et à mesure des besoins, il est plus difficile de le faire pour une porte.

Cette porte commune pourrait ne servir que lors des marées de forts coefficients, les portes anciennes conservant leur rôle de régulateur de niveau pour chaque canal.

En décembre 2015, les pouvoirs publics décident enfin que la hauteur des digues devra être de 4,8 mètres de part et d'autre de la Sèvre Niortaise. Ca me semble bien bas !

Mais il faudrait donc relever les portes des canaux de Vienne et du Clain de 1,5 m. J'attends de voir !

Quelle implantation pour les digues ?

Je vois des engins de chantier partout au sud de Sainte Radegonde mais aucune communication sur la teneur des projets en cours.

Les digues actuelles suivent les méandres de la Sèvre pour récupérer quelques hectares à prix d'or. La logique économique imposerait un tracé plus optimisé.

En rouge, le tracé le plus court pour fermer le bas de Sainte Radegonde tout en se raccordant de façon optimale aux digues des autres communes.

En vert un tracé qui aurait l'avantage de préserver les fermes de la Prée Mizotière, du Fort et Saint André, tout en utilisant des digues existantes en bon état et transformant la route du pont du Brault en digue, la mettant ainsi hors d'eau.

Justification économique de la digue la plus courte et des terres "perdues"

La digue la plus courte mesurerait 3 km et remplacerait les digues actuelles mesurant 6 km.

Au prix de 1000 Euros le mètre, estimé par le gouvernement français, l'économie serait donc de 1000 fois 3000 soit 3 millions d'Euros.

Par contre cette économie ferait perdre des terres agricoles couvrant approximativement un rectangle de 3 km par 1 km, soit 300 hectares.

Conserver ces 300 hectares aurait donc un coût de 10 000 Euros par hectare.

C'est donc approximativement 4 fois le coût moyen de la terre agricole, constaté dans la région, sans tenir compte des spécificités de ce coin de marais.

Il faut évidement ajouter le coût des bâtiments qui seraient perdus, mais retrancher le fait que ces terres seraient toujours exploitables en mizottes.

Je suppose donc qu'un calcul précis conduirait à rallonger un peu la digue pour sauvegarder les bâtiments et à combiner la digue avec la route du pont du Brault.


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Dernière mise à jour le samedi 11 septembre 2010


Réponse au préfet



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