Les pages diverses et variées de Jacques Ghémard

 
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Réflexions

 

Oxymore marin :

 

" Le canot tout temps Patron Jack Morisseau s’est retourné"

Après ce drame aux Sables d'Olonne en ce vendredi 7 juin 2019, qui a vu le canot "tout temps" "Patron Jack Morisseau" partir au secours d'un imprudent dans une mer apparemment bien formée pour la région, puis se retourner à peine sorti du port, je m'étonne de ne trouver pour le moment dans la presse, y compris spécialisée comme www.meretmarine.com que des commentaires sur les raisons ou la déraison de la présence en mer du marin à secourir et aucun sur la capacité du canot de sauvetage à assurer son rôle quel que soit le temps.

Parce que si ces sauveteurs sont sortis c'est, j'imagine, parce qu'ils pensaient pouvoir le faire et ensuite rentrer saints et saufs. Leur canot "Patron Jack Morisseau" est bien décrit comme "insubmersible et classé auto-redressable après l'essai de retournement réussi". Eh bien, en l’occurrence, l'auto redressement à échoué !

Je suppose donc que ce qui devrait faire l'objet de discussion, ce n'est pas l'inconscience des gens à sauver. Il y en aura toujours et il faudra toujours des sauveteurs ayant le courage de leur porter secours. Non ce qui devrait poser question, ce sont les moyens utilisés qui ne sont peut être pas à la hauteur de la confiance placée en eux par ces sauveteurs et ce aux Sables d'Olonne comme partout en France.

Je me suis toujours étonné de voir l'évolution de ces canots depuis mon enfance des années 1950, où leurs superstructures étaient très réduites et fortement arrondies avec juste quelques hublots de faible surface. Maintenant ils ont de grands vitrages sur des superstructures hautes dont le volume est censé permettre l'auto-redressement.

Je me disais que l'impression de vulnérabilité que je ressentais était fausse, que tout cela était bien calculé et testé.

Ou bien, si le canot s'est redressé une premier fois, ses moteurs étaient-ils encore en état de fonctionner ? Son équipage était il encore en état de le manoeuvrer et de l’empêcher d’être roulé encore jusqu'à la cote ?

Maintenant que le test a été fait en conditions réelles et qu'il a échoué, que faut-il penser des autres canots de la SNSM en service ? N'est-ce pas la seule question à se poser et le seul problème à résoudre ?

Citations

" Selon l’amiral Lozier, préfet maritime de l’Atlantique, une vague s’est abattue sur le canot et a cassé les vitres du cockpit. L’eau infiltrée aurait alors causé un court-circuit qui a entraîné l’arrêt du moteur."

" « Quand les vitres ont implosé, il n’y a pas eu un mot dans le bateau », ajoute David.
La vedette Jack Moriceau est tombé sur un mur d’eau. S’est retourné une fois, s’est remis à l’endroit. La deuxième est fatale.
On n’avait plus de barre »"

" Y compris lorsqu’un premier mur d’eau se fracasse sur le bateau, brisant les vitres de la vedette. Chacun essaye alors de reprendre son poste, mais rapidement, « le bateau n’est plus manœuvrable », selon Christophe Monnereau. L’eau est entrée dans le moteur, les circuits électriques. Les vagues déferlent sur le navire « incontrôlable », qui prend de plus en plus de gîte. « On essayait tant bien que mal d’écoper l’eau qui était à l’intérieur, mais voilà… Une déferlante est venue et nous a couchés ».
Selon Xavier de la Gorce, président de la SNSM, le canot, qui est auto-redressable, a en fait pu se redresser deux fois mais pas une troisième fois en raison de l’importance de l’eau à bord.
« Personne n’a parlé à bord, il n’y a pas eu un cri », raconte, avec émotion, David. «On était sur le pont on a été éjecté»... Projetés à l’eau depuis la passerelle, quatre d’entre eux parviennent, à 200 mètres du rivage, à rentrer à la nage. « Si ça avait été à 500 m du rivage, ça aurait été beaucoup plus grave, il aurait pu y avoir sept morts », selon Xavier de la Gorce.
« On a eu la chance d’aller jusqu’au bout, témoigne David. Les pompiers (NDLR : qui se sont spontanément jetés à l’eau depuis le rivage) sont arrivés à nous, on a essayé d’aller en arrière pour retrouver les copains, mais malheureusement c’était trop tard… on n’avait plus de force ».
Derrière eux, Yann Chagnolleau, 51 ans, Alain Guibert, 51 ans, et Dimitri Moulic, 28 ans, sont restés pris au piège à l’intérieur du canot : « les brassières de sécurité se sont gonflées et ça les a plaqués au plafond », explique le patron de la SNSM."

Emmanuel Macron - 13 juin 2019 : " À l’instant même où ils montaient à bord, ces hommes de mer savaient tous les risques qu’ils prenaient. Et parce qu’ils savaient, leur courage n’en fut que plus admirable."

Moi je doute fort qu'ils aient su que si une grosse vague montait à bord, les vitres allaient éclater.

Question subsidiaire

Mais qui était donc Jack Morisseau ? Rendre hommage à quelqu'un en donnant son nom à quelque chose c'est bien, mais ça peut rendre quasiment impossible la recherche d'informations sur cette personne.

Dans "Fortunes de mer: histoires de naufrages au large des côtes vendéennes" de Bernard de Maisonneuve, édité en 2006

" En 1987 est arrivé au port des Sables le nouveau canot de sauvetage, le Patron Jack Morisseau, en hommage à leur camarade décédé en service de sauvetage en décembre 1967."

" Le 22 décembre 1967, la vedette la « Belle Olonnaise », Patron Mornet, étant sortie pour aller secourir un caseyeur, fut pris à son retour dans les rouleaux, est drossée à la côte en opération de sauvetage par visibilité nulle. Le patron est blessé et le mécanicien Morisseau sauveteur chevronné depuis une quinzaine d’années se noya, enlevé par une lame. La vedette est définitivement perdue."

La pêche maritime - Volume 47,Numéros 1078 à 1081 - Page 64
... Le mécanicien, M. Jack Morisseau, père de trois enfants, a été enlevé par une lame et malgré les recherches n'a pu ...

Et tempête pas si exceptionnelle

En ce 7 juin 2019 les commentaires pour la tempête modérée qui a soufflé sur nos côte, l'ont qualifiée d’exceptionnelle en cette saison. Pourtant la veille était commémoré le débarquement du 6 juin 1944 ... qui avait été programmé pour le 5 mais repoussé au lendemain pour cause de tempête. Et quelques jours plus tard, le port artificiel mis en place par les Alliés, était fortement endommagé par une nouvelle tempête.

Mais personne pour le rappeler !

L'erreur du pêcheur

Le danger c'est rarement la mer, c'est plutôt la terre la remontée des fonds, les récifs. Il vaut donc mieux rester en mer par mauvais temps que de s'approcher des côtes pour trouver un abri, surtout si l'entrée de cet abri est difficile.

Je pensais donc que contrairement à la "vox populi" clamant "il n'aurait pas du partir", l'erreur fatale du pêcheur fut de tenter de rentrer aux Sables.

C'était aussi l'opinion du patron sauveteur de la SNSM

" Vendredi 7 juin, 11 h 20. Sur le quai, avant même d’appareiller, Yann Chagnolleau, 54 ans, patron d’équipage du « Jack Morisseau », réussit à joindre sur son portable le pêcheur Tony Guibert, 59 ans, parti relever ses casiers à crevettes, à 6 h 30, malgré l’avis de tempête lancé depuis deux jours. Aucun navire n’a quitté les Sables-d’Olonne ni les ports alentour. Sauf le sien, le « Carrera », 11,50 mètres. « Ça va être très compliqué de rentrer dans la passe des Sables, lui dit Yann.

L’océan est déchaîné, soulevé par la houle et des rafales à 120 kilomètres/heure. » Le pêcheur répond que c’est jouable. Yann essaye de le convaincre : « Putain, tu pourras pas ! Descends au sud, vers le pertuis. » Le pertuis breton est comme un goulet entre l’île de Ré et le continent. Yann raccroche. « Il veut rentrer aux Sables », dit-il à son équipage.
"


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Dernière mise à jour le vendredi 28 juin 2019


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